Vous atterrissez à Charles de Gaulle à sept heures et demie du matin, neuf heures de vol derrière vous et pas une seule passée à dormir. Il y a une enfant de cinq ans qui veut courir et un bébé de dix-huit mois qui veut être porté. Quatre valises. Une poussette pliée. Quelque part dans les bagages, un siège auto emporté sans être certain d'en avoir encore besoin. La salle d'arrivées est bruyante, les panneaux sont en français, et la file de taxis dehors compte déjà quarante personnes.
Cette première heure, le saut du terminal à la ville, est la partie d'un voyage en famille à Paris qui tourne le plus régulièrement mal. C'est aussi celle qui répond le mieux à une seule décision prise une semaine plus tôt. Prenez-la bien et l'aéroport devient dix minutes de marche vers une voiture qui attend, sièges déjà installés. Prenez-la mal et il devient l'anecdote que vous raconterez sur des vacances mal commencées.
La règle qui sépare un taxi d'une voiture privée
Le Code de la route français n'est pas flou sur les enfants. Tout enfant de moins de dix ans, ou de moins de 135 centimètres, doit voyager dans un dispositif adapté à sa taille : une coque dos à la route pour un nourrisson jusqu'à treize kilos environ, un siège face à la route pour un tout-petit, un rehausseur pour un enfant d'âge scolaire. Jusque-là, la plupart des parents s'y attendent. Ce qui les surprend, c'est l'endroit où la règle plie.
Un taxi agréé hélé sur le trottoir bénéficie d'une exemption légale. Prenez-en un à la station de CDG sans réservation, et il peut légalement embarquer votre bébé sans aucun siège. Légal ne veut pas dire sûr, et un taxi qui fait la queue à sept heures et demie ne sortira pas une coque de son coffre. Une voiture de transport avec chauffeur, le VTC, ne bénéficie d'aucune exemption. Elle est tenue au même standard que votre propre voiture, et un chauffeur qui transporte un enfant sans le bon siège encourt 135 € d'amende et trois points de permis. La conséquence pratique va à l'inverse de ce que la plupart des familles imaginent : la voiture privée réservée est celle qui est légalement obligée d'installer correctement vos enfants, et le taxi celle qui ne l'est pas.
| Enfant | Poids | Siège | Sens |
|---|---|---|---|
| 0 à 12 mois environ | 0 à 13 kg | Coque (i-Size / R129) | Dos à la route |
| 1 à 4 ans | 9 à 18 kg | Siège face à la route | Face à la route |
| 4 à 10 ans | 15 à 36 kg | Rehausseur | Face à la route |
| Plus de 135 cm | n.c. | Ceinture adulte | Indifférent |
Quel terminal à CDG, et où la voiture attend vraiment
Charles de Gaulle n'est pas un bâtiment mais un ensemble dispersé, et la distance entre votre siège dans l'avion et la voiture peut varier d'un demi-kilomètre selon l'endroit où vous vous posez. Air France long-courrier et ses partenaires Star Alliance arrivent au Terminal 2E, où la zone des voitures réservées se trouve au parking Niveau -1, atteinte par ascenseur depuis le hall. Ce détail compte beaucoup quand une main tient une poussette et l'autre un chariot. British Airways, American et les compagnies asiatiques entrent au Terminal 1, où le point de rencontre est le parking P1. Le satellite low cost, 2G, vous dépose à une navette de tout le reste.
Connaître le terminal avant de décoller, c'est ce qui transforme une recherche confuse de trente minutes en une courte marche. Un bon opérateur envoie le point de rencontre exact par message avant l'embarquement, avec un chauffeur qui suit déjà le vol. La différence entre les halls, et pourquoi elle change le transfert, est détaillée dans notre guide sur quel terminal de CDG vous concerne vraiment. Avec de jeunes enfants, le terminal n'est pas une anecdote. C'est la différence entre rejoindre sa voiture en cinq minutes et la chercher pendant trente.
Quatre façons de gagner la ville, classées par leur traitement d'une poussette
Il existe, en théorie, quatre façons de rejoindre le centre de Paris depuis CDG. Pour une famille avec une poussette, des bagages en soute et un tout-petit fatigué, elles sont loin de se valoir.
Le RER B est le train rapide, et pour un voyageur seul avec un sac à dos c'est la réponse évidente, à environ 14 € sur le billet aéroport. Avec une famille, il s'effondre. L'itinéraire passe par des escaliers mécaniques peu fiables et des tourniquets étroits qui ne laissent pas passer une poussette et une valise en même temps, et à l'heure de pointe on y voyage debout. Le train express que les voyageurs ne cessent de réclamer, le CDG Express direct vers le centre, ne règle rien non plus, pour une raison simple : il n'existe pas encore. Ses premiers passagers montent à bord le 28 mars 2027. Pour tout voyage avant cette date, ce n'est pas une option, aussi souvent qu'il apparaisse dans les vieux guides.
La station de taxis est le choix réflexe, et raisonnable pour des adultes, au forfait de 56 € vers la rive droite et 65 € vers la rive gauche, fixé par décret et insensible à l'heure. Pour des enfants, il porte le défaut déjà décrit : pas de siège, aucune exception qui vaille la peine d'être prise. Les applications de VTC ajoutent une variable de plus, puisque le véhicule qui se présente est celui qui a accepté la course, sans garantie de siège et avec un tarif qui grimpe quand les arrivées s'agglutinent. La voiture privée réservée est la seule des quatre pensée autour de la famille, avec des sièges installés avant que le chauffeur ne parte pour l'aéroport, un coffre dimensionné pour les valises et la poussette, et un tarif fixe annoncé avant le décollage. Ce que ce tarif devrait être selon le type de transfert est posé dans notre guide de ce que devrait vraiment coûter un transfert parisien.
| Option | Siège enfant | Poussette, valises, deux enfants | Ce que ça coûte |
|---|---|---|---|
| Train RER B | Aucun | Escaliers et tourniquets, irréaliste | Environ 14 € par adulte |
| Taxi à la station | Aucun, légal mais peu sûr | Une berline, coffre limité | 56 € rive droite / 65 € rive gauche |
| Application VTC | Non garanti | Le véhicule qui accepte | Variable, surge aux pics |
| Voiture privée réservée | Compris, tout âge | Berline ou Classe V, dimensionnée | Dès 105 € CDG, 95€ Orly |
Ce que la réservation doit vraiment savoir
Un transfert en famille ne vaut que par le détail sur lequel il est réservé, et le siège est la partie qui ne s'improvise pas à l'arrivée. Donnez à l'opérateur le nombre d'enfants et l'âge de chacun, avec le poids approximatif du nourrisson, car une coque dos à la route pour un nouveau-né est un objet physiquement différent du siège face à la route d'un tout-petit, et les deux ne sont pas interchangeables. Dites combien il y a de valises et si la poussette se plie petit ou reste encombrante ; une famille de quatre avec deux jeunes enfants a en général besoin d'une Classe V ou d'un grand break pour trois ou quatre valises plus la poussette. Nommez le terminal, ajoutez le numéro de vol pour que la voiture suive l'atterrissage, et réservez un ou deux jours à l'avance plutôt que quatre heures, pour que le bon siège soit installé et non cherché.
Le numéro de vol travaille plus qu'il n'y paraît. C'est lui qui permet à la voiture de suivre l'avion plutôt que l'horaire, si bien qu'un retard en vol devient le problème du chauffeur et non le vôtre. À quel point cela compte quand les choses glissent fait l'objet de notre récit de ce qui se passe quand votre vol atterrit avec trois heures de retard, et avec des enfants endormis dans les bras, cela compte davantage, pas moins. L'accueil qui suit, un chauffeur nominatif qui attend après la barrière plutôt qu'une file à rejoindre, est décrit dans ce que comprend vraiment l'accueil à l'aéroport.
La question Disneyland que pose chaque famille
Plus de familles interrogent sur ce trajet que sur n'importe quel autre, et l'arithmétique mérite d'être posée clairement. De Charles de Gaulle à Disneyland Paris, à Marne-la-Vallée, il y a environ 35 kilomètres par l'A104 et quarante à cinquante minutes en voiture. L'alternative en train, c'est le RER B jusqu'à Châtelet puis le RER A en sens inverse vers le parc, une heure et quart avec un changement au milieu, fait avec bagages et enfants après un long vol. Une voiture directe supprime le changement et s'arrête à la porte de l'hôtel, sièges toujours installés. Pour une famille qui atterrit fatiguée et file droit vers le parc, l'argument de la voiture tient moins au confort qu'à la suppression du transfert le plus susceptible de finir en larmes sur un quai de gare.
Le siège n'est pas une option de confort. C'est la loi, et sur une voie rapide avec un tout-petit endormi, c'est ce qui se tient entre un freinage brusque et l'hôpital. Voilà la logique tranquille sous tout le reste : la première heure de vacances en famille devrait retrancher du stress plutôt qu'en ajouter, et presque tout ce qui tourne mal dans cette heure remonte à une décision repoussée jusqu'à la salle d'arrivées. Une voiture réservée sur le vol, avec les bons sièges installés et un chauffeur qui tient une pancarte, transforme la pire heure du voyage en la plus simple. Comme le défend l'idée que la manière d'arriver donne le ton de tout le séjour, l'état dans lequel vous entrez dans la ville tend à devenir celui que prennent les vacances. Avec des enfants, ce n'est pas un argument de luxe. C'est la différence entre commencer le voyage reposé et le commencer déjà en retard.
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